COMPAGNIE LES GENS DE LA VOIX

Céline LALy
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direction artistique

direction

Céline laly

 

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En y repensant aujourd’hui, je vois combien j’ai longtemps pris l’empreinte d’un tas de clichés, de croyances et de conditionnements liés à mon champs artistique. Une sorte de vêtement de patchwork que j’aurais revêtu plus ou moins consciemment, formé d’idées toutes faites : d’un côté, le classique c’est pour les vieux, pour les riches, pour les coincés ; le classique c’est ennuyeux ; le classique, tu peux pas aimer si tu ne connais pas, un musicien classique c’est sérieux et pas très drôle, ça joue de la musique de gens morts (si, si !).

A l’inverse, j’ai aussi entendu que la musique dite classique est beaucoup plus noble que toutes les autres, qu’un musicien classique se hisse de facto à un niveau supérieur dans la sphère musicale (si,si !), etc.

Ici a débuté le grand malentendu.

 

Toute à mon inexpérience de l’époque, j’ai non seulement intégré tout cela très (très très) jeune, mais il ne m’est même pas venu à l’idée de remettre quoi que ce soit en cause durant près d’une décennie.

Sauf que ces discours ne collaient pas avec ce que je ressentais de joie, de spontanéité, d’épanouissement à écouter et jouer de la musique. Peu à peu sont apparus des doutes et des tiraillements… La musique classique ça me plaît, j’adore ça même… mais je ne vais pas en parler, évitons les problèmes.

Il faut dire qu’en travaillant le chant lyrique soliste (l’opéra, la grosse voix…), je ne me facilitais pas la vie. A 14 ans, comment assumer sereinement son désir de devenir chanteuse lyrique ? (c’est-à-dire une dame à triple menton et costume à seins pointus, qui hurle de manière grotesque et éminemment imitable des choses qu’on ne comprend pas). Dilemme.

D’ailleurs, les copains, une bonne partie de la famille, la télé, tout le monde semblait d’accord. Profil bas, donc.

 

Un jour, je suis malgré tout entrée au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Ouf ! me dis-je, un peu de compréhension. Mais alors même que je faisais l’expérience d’une merveilleuse formation, que je rencontrais en effet des jeunes et moins jeunes passionnés comme moi, que mon amour pour cet art grandissait, certains nouveaux clivages  apparurent… mais c’est une autre histoire !

Quinze ans plus tard, après un chemin de circonvolutions, doutes et remises en question, j’ai enfin saisi l'un des "pour quoi" de mon attachement à l’art lyrique, à la musique classique.

J’ai compris que ce qui m’anime profondément est justement ce qui m’a si longtemps égarée: déconstruire les clichés, les préjugés et les étiquettes invraisemblables

C’est donc l’exploration de l’espace infime où une croyance s’effrite au contact de l’expérience, où un cliché tombe dans l’inconsistance la plus totale. C’est le moment où le sensible rencontre le sensible, où un mouvement d’étonnement peut apparaître chez n’importe quel auditeur, au-delà de ce qu’il pensait éprouver.

 

Pour moi, c’est à cet endroit que commence l’aventure, à chaque instant de mon quotidien.A ce titre, les expériences artistiques menées au sein de la Cie Les Gens de la voix constituent l'un de mes terrains d'expérimentation favoris.

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